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La monnaie Eco : avantages, illusions, le Sénégal est-il prêt ? Les éclairages de l’économiste Babacar Gaye

Le projet de monnaie unique Eco, porté par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), continue de susciter des débats parmi les économistes et les décideurs. Initialement envisagé il y a plusieurs années, son lancement a été reporté à plusieurs reprises en raison des difficultés des États membres à satisfaire les critères de convergence économique. Une nouvelle feuille de route régionale vise désormais une mise en œuvre progressive à partir de 2027.

Dans ce contexte, l’économiste Babacar Gaye estime que le débat ne doit pas se limiter au changement de nom de la monnaie. Selon lui, la réussite de l’Eco dépendra avant tout de la solidité des économies ouest-africaines, de la discipline budgétaire des États, de la stabilité des prix et de la capacité des institutions régionales à conduire une politique monétaire crédible.

Pour l’économiste, une monnaie unique pourrait présenter plusieurs avantages : la facilitation des échanges commerciaux entre les pays de la CEDEAO, la réduction des coûts de change, une meilleure intégration économique régionale et une attractivité accrue pour les investisseurs.

Mais il met également en garde contre les « illusions » qui entourent parfois ce projet. Une monnaie commune, souligne-t-il, ne constitue pas à elle seule une solution aux difficultés économiques. Sans convergence des politiques économiques, amélioration de la productivité et renforcement de la gouvernance, les bénéfices attendus pourraient être limités.

Concernant le Sénégal, Babacar Gaye estime que le pays dispose de plusieurs atouts, notamment une stabilité macroéconomique relative et une expérience de l’intégration monétaire au sein de l’UEMOA. Toutefois, il rappelle que la préparation à l’Eco nécessite des réformes continues afin de garantir la compétitivité de l’économie et la résilience face aux chocs extérieurs.

Au-delà des débats techniques, le projet Eco demeure un enjeu stratégique pour l’avenir de l’intégration ouest-africaine. Sa réussite dépendra autant de la volonté politique des États membres que de leur capacité à respecter les engagements économiques communs.

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