Dakar – Suite à la déclaration du 2 juin 2026 d’Ousmane Sonko reprochant à certains ministres reconduits de s’être affranchis des directives de PASTEF, Moussa Bala Fofana a répondu directement à son désormais ex-leader politique. Le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires revendique son entière autonomie, plaçant le devoir républicain et l’intérêt national au-dessus des considérations partisanes.
La tension latente au sein de la mouvance au pouvoir semble désormais s’afficher publiquement. Prenant acte des critiques formulées par le président de PASTEF, Moussa Bala Fofana a choisi de sortir du silence pour clarifier sa position.
« Oui, j’ai agi en toute liberté et à titre personnel », affirme-t-il d’emblée.
Loin d’un acte de défiance ou d’un calcul politique, le ministre présente sa reconduction au sein du gouvernement comme le résultat d’une réflexion personnelle et d’un choix guidé par sa conscience.
« J’ai pris librement cette décision, en mon âme et conscience, sans aucune arrière-pensée », déclare-t-il, rejetant les accusations selon lesquelles sa décision serait motivée par la conservation d’un poste ou la recherche du pouvoir.
Selon lui, ce choix n’a été dicté « ni par défiance, ni pour conserver une fonction, encore moins pour succomber à une quelconque tentation du pouvoir, car il n’y a pas de pouvoir à être un serviteur de la République ».
Le ministre reconnaît toutefois avoir pleinement mesuré les conséquences de sa décision. Il affirme avoir agi en sachant qu’il risquait de « perdre une famille politique, des compagnons de combat » et de faire face à de nombreuses critiques.
Face aux attentes de son ancienne formation politique, Moussa Bala Fofana estime qu’il a dû faire un choix entre fidélité partisane et responsabilité nationale.
« Entre une logique partisane et ce que je considérais être mon devoir envers la Nation, à savoir honorer notre part des promesses faites au peuple sénégalais lors de la campagne de 2024, j’ai choisi de poursuivre la mission qui m’avait été confiée au service du Sénégal », explique-t-il.
Pour le ministre de l’Urbanisme, la continuité de l’action publique et la stabilité des réformes engagées doivent prévaloir sur les divergences internes.
« Je demeure convaincu que nos destins individuels, nos différends et nos contradictions personnelles pèsent peu face aux exigences de l’intérêt supérieur de la Nation. Le Sénégal est plus grand que chacun d’entre nous », soutient-il.
Assumant pleinement sa décision, il affirme avoir privilégié le sens du devoir plutôt que la popularité :
« Je n’ai pas choisi la facilité ; j’ai choisi le devoir, parfois ingrat. Je n’ai pas choisi le confort de la popularité ; j’ai choisi la continuité du service public dans la sobriété et la responsabilité. »
Malgré cette rupture politique, Moussa Bala Fofana tient à préserver les liens personnels qui l’unissent à Ousmane Sonko.
Il lui adresse ainsi des « propos fraternels » et affirme que le président de l’Assemblée nationale demeure à ses yeux « un grand frère, un compagnon de lutte et une personnalité pour laquelle je conserve de l’estime, du respect et de la considération ».
« Rien de ce qui se passe aujourd’hui ne saurait effacer cette histoire commune ni les liens forgés dans la sincérité, l’intelligence et le respect mutuel », écrit-il.
Évoquant leurs travaux intellectuels communs, il rappelle notamment leur collaboration sur les questions de décentralisation :
« Dans une œuvre intellectuelle sur la décentralisation, où chacun a écrit sa part, nous avons scellé un lien du savoir. »
Cette prise de position marque une nouvelle étape dans les relations entre les deux anciens compagnons de lutte et illustre les recompositions politiques en cours au sein de la majorité issue de l’alternance de 2024.













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